Próxima Estación: Esperanza

Moi, Johanna, 22 ans, maltraitée, violée, détruite. Je commence à m'en rendre compte que maintenant. J'ai tellement appris à prendre du recul sur les difficultés de la vie, que je n'ai pas voulu voir en face ce que j'ai subi. J'ai rencontré un mec sur ce fameux site de rencontres dont on nous inonde de publicité à la télévision. C’était juste un test, pour m'amuser et discuter pendant ses longues journées de solitude et de dépression dans ma nouvelle vie. Je lui ai répondu et on a commencé à parler. Un jour on s'est rencontrés, il était gentil, attentionné, il savait parler aux femmes, il savait que je venais de subir une déception amoureuse, et il savait donc que j’étais fragile. Dès le premier soir il a essayé de mettre sa main dans mon pantalon, je l'ai repoussée car je ne suis pas de ce genre là. Mais la semaine qui suivit, on l'avait fait et dans le respect. Là ou ça se complique, c'est quand j'ai commencé à aller chez lui. Cet appartement est devenu ma prison, l'endroit ou il m'enfermait et faisait de moi ce qu'il voulait. Au début ça n'a pas été de l'abus sexuel, c’était des paroles, « toute façon tu n'es qu'une femme tu ne vaux rien », rabaisser la femme, c’était son hobby. Et un jour, un soir, j'ai refusé, je n'en avais pas envie et ce soir là, il m'y a obligé. J'ai beau eu dire non, répété, lui faire comprendre gentiment, rien n'y faisait, il m'a pris les mains et m'a bloqué les jambes, il était 2 fois plus costaud que moi, et moi, 43 kg, 1 m 60, j'ai eu beau me débattre, rien n'y a fait, il est arrivé à ses fins. Je pleurais pendant l'acte, je n'ai pas crié, j'ai attendu, attendu, que ce calvaire se finisse. Et après l'acte, me voyant pleurer, il m'a hurlé dessus « et en plus t'as pas aimé !!!», ça mettait un coup à son ego. Je n'ai pas dormi de la nuit, j'avais honte. Je voulais partir mais je ne pouvais pas. Après avoir rompu avec lui, il s'est excusé, et encore une fois, il a utilisé les mots que j'avais besoin d'entendre. Je suis retombée dans le panneau. J'avais peur de retourner chez lui, mais il a tout fait pour que je sois à l'aise. Et quand j'ai été assez bien, il a recommencé. Les paroles, le viol, et cette fois à plusieurs reprises. Je voulais partir, mais il m'enfermait chez lui, il me gardait comme une proie, partait et revenait le soir quand il savait que je n'avais plus de moyen de transport. Mais cette fois-ci je me débattais encore plus, je le griffais, je criais, mais personne ne m’entendait. Des fois ça marchait, des fois non. Le dernier jour, j'ai dû lui faire croire que j'avais mes règles pour pouvoir partir (car oui les règles c'est dégoûtant pour faire l'amour). Quand je suis sortie je n'ai pensé qu'à une chose, « c'est fini ». Je n’étais pas mal, je ne me sentais pas brisée, je me disait juste que c’était fini. Depuis peu, il y a une nouvelle personne dans ma vie, et j'ai eu le déclic. Cette comparaison que j'ai pu faire, d'une relation normale et d'une relation violente m'a ouvert les yeux. Et maintenant je souffre, avoir des flashs à des moments inappropriés, se rendre compte de ce qu'on a subi rend la vie très difficile. J'ai peur, d’être encore une fois la femme objet, peur de ne plus pouvoir aimer, peur d'avoir un cœur de pierre, peur de ne pas être respectée, peur que ce calvaire recommence, peur qu'il me retrouve et aussi peur qu'il fasse ça à une autre. Et je ne trouve pas cette force, d'aller porter plainte, de peur qu'on ne me prenne pas au sérieux, je n'ai pas confiance en la justice actuelle. Je sais qu'on ne peut pas oublier, je sais qu'on doit vivre avec, moi non plus je ne vis plus, je survis. Aucune femme ne devrait vivre cela. Comme pour ce que j'ai subi dans mon enfance et pour ce que j'ai subi il y a quelques mois, j’espère pouvoir un jour dire « je suis guérie ».