May-ly

J'ai 21 ans... l'une des choses les pires m'est arrivé lorsque j'avais 7 ans par mon beau-père. A l'époque j'étais déjà dans un contexte familial très compliqué. Cet homme m'a prise en grippe, j'étais sa proie et a fait de l'insouciance de mes jeunes années un cauchemard. C'était en deux temps... les coups, la maltraitance, l'acharnement. Il s'est défoulé sur moi, j'étais son jouet, sa voiture, je suis devenue son punching-ball préféré. Il me lavait au carcher, me faisait dormir nue sur le sol en plein hiver, me prenait de ses 1m80 et me lâchait au sol, ne me donnait pas à manger, me brûlait avec des cigarettes, coups de poings, coups de pieds, humiliations.... à part ça tout allait bien dans le meilleur des mondes. Chut ! Ah ça nan fallait pas parler ! Puis dans un deuxième temps: l'inceste... le viol. C'était tout nouveau. On déménageait. Il venait le soir quand tout le monde dormait et qu'il avait terminé les travaux. J'étais en chemise de nuit sur un matelas, il me passait son pénis partout sur le corps. Je me sens encore toute salie de son venin. Puis la fellation.. Plusieurs nuits, plusieurs fois, en silence. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même; un corps vide, cadavérique, livide... je ne sentais rien. Je tremblais de peur et de dégoût mais mon âme est partie loin, très loin... quelque part où c'était rose et où la vie était belle; comme dans les dessins animés. J'étais bien le temps que ça dure. Je n'ai pas pu parler. Mon entourage familial était aussi instable que cet homme. J'étais seule oui. Il fallait trouver, puiser les ressources pour survivre et être bien, plus ou moins, comme les autres. C'est un instituteur qui fut témoin de la maltraitance qui a mis fin à mon calvaire. Il a pris 3 ans ferme pour les coups... rien pour le viol. Je n'ai pas pu parler. Les gens que j'aime le savent. Mais je ne sais pas si aujourd'hui j'aurais la force d'aller le dénoncer. Je suis dans autre chose. Je fais des études qui me passionnent, je construis et reconstruis une vie qui m'épanouie, jour après jour. Peut-être un jour aurais-je l'audace d'aller porter plainte. Il me reste un peu de temps. Dans ces moments je vois la chance que j'ai d'être entourée de personnes magnifiques autour de moi... impossible pour moi de faire confiance à un homme pour le moment. C'est trop tôt. La vie continue, pas le choix. Il m'a donné la rage de vivre. Il a volé mon insouciance mais m'a donné une soif de vivre incroyable. Je me suis relevé, me relève de jour en jour; pour moi. Pour ce que j'ai de bon à construire devant. Je pense à toutes celles qui luttent en secret, qui pleurent à chaudes larmes silencieuses et implorent le destin de les libérer.