Liv

C'est arrivé cet été. C'était la fin des vacances et j'avais décidé de sortir avec des "amis". Je n'aurais pas dû, c'est certain. Au début, tout se passait bien. On rigolait. J'étais avec ma meilleure amie, son petit-ami et deux autres garçons, mes futurs agresseurs. La soirée se passa dans la joie et dans le bonne humeur. Au moment des au revoirs, l'un des jeunes hommes m'invitent à l'anniversaire du plus jeune qui a lieu le lendemain. C'est avec joie que j'accepte. Sans le savoir, j'avais signé mon arrêt de mort. Ma meilleure amie était venue me chercher le lendemain à 15h, on était arrivée sur place, dans le café du plus vieux de la bande. Bien rapidement, on remonte rejoindre les autres. Au début, nous n'étions que quatre : Les deux agresseurs, ma meilleure amie & moi. Ils ont décidé de sortir des bouteilles et de commencer un jeu à boire. Je leur ai pourtant bien dit que je ne pouvais pas boire, ma mère me tuerait si je rentrais saoule. Le plus vieux m'a dit que j'avais largement le temps de décuver et puis même, un verre ne me tuerait pas. Je l'ai écouté. On a tous commencé avec une bière. Finalement, le plus vieux m'a collé, au sens propre du terme, les verres sous le nez, me forçant à boire toutes sortes d'alcools que je ne peux toujours pas identifié. Après, tout s'est enchaîné à une vitesse monstre. J'ai encore des trous de mémoire et je ne suis pas prête à recouvrir ces souvenirs. Néanmoins, je me souviens du pire, de ce que j'aurais préféré oublier. Sans savoir comment je suis arrivée là, je me suis retrouvée dans la chambre des parents du plus vieux. Il était avec le garçon qui fêtait son anniversaire. J'ai pas très bien compris. Je voyageais entre la conscience et l'inconscience. Et puis, les éléments se sont déchaînés, m'enlevant ainsi le reste de ma dignité. Une fois le calvaire terminé, ma meilleure amie de l'époque est descendue voir ce qu'il se passait. Les garçons étant remontés, il ne restait plus qu'elle & moi dans la chambre. Je lui ai tout de suite raconté ce qu'il s'était passé et elle n'a pas voulu me croire. Son copain est ensuite arrivé et lui non plus n'a pas voulu croire à cette histoire. Aujourd'hui encore, ils pensent que je suis une menteuse. Néanmoins, les preuves ne mentent pas. J'ai porté plainte ce jour-là, après avoir hésité pendant de longues heures, assises dans cette salle froide d'hôpital. Des gens se sont succédés auprès de moi pour me faire entendre raison. Je ne voulais qu'ils aient des ennuis. J'étais encore trop conciliante par rapport aux faits qui venaient de se produire. Et puis, un petit détail m'est revenu en mémoire, une parole déplacée qui m'a fait froid dans le dos : "Elle ne réagit pas" a dit le plus jeune des deux agresseurs. Cela ne les a pas empêchés de continuer. J'ai franchi le pas et ai porté plainte. Maintenant que l'affaire est portée au tribunal, je n'ai plus qu'à attendre. Les mois défilent et je ne vois pas le bout de ce calvaire. Je vais voir une psy qui m'a énormément aidée à faire le tri grâce à une technique un peu spéciale dite de l'EMDR. Je vais mieux, en surface. Mais au plus profond de moi, je suis détruite. J'avais 16 ans au moment des faits, ils m'ont pris ce que j'avais de plus cher, mon innocence. Et aujourd'hui encore, j'en assume les conséquences, seule face à l'obscurité de ma vie.